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-Un peu d’histoire sur les azulejos

L’azulejo ou l’art de raconter l’ histoire…

(Carreau de faïence émaillée peint à la main)

Symbole du portugal

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Issu d’un matériau aussi simple qu’un carreau de faïence émaillée, l’azulejo – mot qui à son origine arabe signifiait “petite pierre” – est un héritage que la culture islamique a laissé aux peuples de la Péninsule Ibérique après la Reconquête, et il est devenu au Portugal un exemple réussi de création artistique.

À travers l’histoire et l’évolution de sa fabrication, l’azulejo nous conduit, petit à petit, à la connaissance de l’évolution de la société et de la culture portugaise.

Il joue non seulement un rôle utilitaire comme élément décoratif de par sa longévité et facilité d’application mais, et surtout, d’expression artistique, d’affirmation originelle du génie portugais dans le contexte international de la création, de l’innovation et de la rénovation des tendances et de l’imaginaire propre à l’expression artistique. On peut très bien considérer l’azulejo comme véhicule de divulgation de la culture portugaise tout au long des siècles.

L’importance accordée par les Portugais à cet art est témoignée par l’immense patrimoine existant du nord au sud du pays ainsi que partout dans le monde, des anciennes colonies en Inde jusqu’au Brésil, en passant par l’Afrique, et ce pendant environ cinq siècles.

C’est cet attachement presque religieux à l’art de l’azulejo au Portugal qui a conduit à la création du Musée de l’Azulejo à Lisbonne.

Un des plus prestigieux musées de céramique au monde aujourd’hui, le Musée de l’Azulejo à Lisbonne fait aussi office de centre d’études de la céramique comme revêtement mural architectonique, d’atelier dans la conservation et la restauration de l’azulejo et, aussi, dans le domaine de l’inventaire et de l’histoire de l’art de la céramique au Portugal.

Les premiers azulejos utilisés au Portugal comme revêtement mural étaient de tradition islamique. Ils furent importés de Séville – le grand centre producteur d’azulejos dans la Péninsule Ibérique à l’époque. Les plus représentatifs de cette période datent de 1500 et se trouvent à la Salle des Arabes et à la Salle des Singes du Palais National de Sintra, près de Lisbonne, fait bâti par Manuel I, l’un des grands souverains portugais du temps des Découvertes Maritimes.

Les motifs de ces azulejos sont essentiellement des lacets et des enchaînements géométriques d’influence arabe où prédomine le vert, couleur de la luxuriante végétation de l’extérieur. Curieusement, cette influence arabe se fait sentir encore de nos jours, non tout à fait dans le goût des motifs qui, eux, bien sûr, ont évolué, mais plutôt dans l’excès de remplissage des espaces par opposition nette aux espaces vides.

Au XVIème siècle, avec la découverte de la technique majolique en Italie, qui permettait de peindre directement sur l’azulejo, les motifs ont pu évoluer vers des compositions figuratives plus narratives qui, parfois, ont atteint des proportions monumentales. C’est le cas notamment des azulejos de l’église S. Roque, à Lisbonne, travail du grand maître en peinture et dessin Francisco de Matos (1584); ou des panneaux dits de Notre-Dame de la Vie – en provenance de l’église S. André qui a autrefois existé à Lisbonne – travail de Marçal de Matos, un autre grand maître.

Les motifs décoratifs de cette période étaient maniéristes ou issus de thèmes de l’Antiquité classique divulgués par les céramistes italiens qui se sont fixés en Flandre. Ils arrivèrent au Portugal par le biais des premières commandes importées de Flandre et ont assez rapidement conquis le pays. Au palais da Bacalhôa, à Azeitão, nous pouvons admirer quelques-unes des meilleures oeuvres du début de la production portugaise de cette époque.

Des exemples d’oeuvres flamandes et ibériques presque similaires sont aussi bien la preuve que ces motifs au goût italien de la Renaissance se répandirent partout en Europe.

Vers la fin de ce siècle, pourtant, avec la crise politique qui se vivait, résultat de la crise dynastique qui écrasa le pays pendant 60 ans (de 1580 à 1640 le Portugal a été sous la domination des rois d’Espagne, héritiers de la couronne portugaise), des solutions décoratives moins exigentes et plus économiques furent recherchées.

C’est la période des motifs à patron, avec effet de “damier” ou “échiquetés”, normalement avec une bordure autour. Nous pouvons admirer certains de ces panneaux à l’église de Marvila à Santarém, ou à l’église de Jésus à Setúbal, ou encore à l’église de S. Roque à Lisbonne. Cette tendance se poursuivra pendant le début du VXIIème siècle. Assez curieusement, cependant, cette période de l’azulejo au Portugal est l’une des plus riches en effets visuels.

Le XVIIème siècle voit l’arrivée de motifs ornementaux au caractère fantastique et profane, récupérés de la Rome antique. Au Portugal, ces motifs ont été transposés vers des thèmes religieux et utilisés dans la décoration des églises. On appelait ces motifs “Les Grotesques”. Récupéré de l’ancien palais de la rue dos Corvos, à Lisbonne, le panneau avec composition héraldique qui se trouve au Musée de l’Azulejo est un exemple de ce genre de motif. Un autre motif fait son apparition dans les panneaux figuratifs ou de devant-d’autel – “Les Indiennes”. Inspirés des tissus exotiques importés de l’Inde, mélangés à des thèmes occidentaux et adaptés aux symboles catholiques, ces motifs ont été utilisés aussi en céramique, surtout comme devant-d’autel dans les églises.

Cette liberté d’interprétation entraîna inévitablement une diversité figurative qui a conduit à une prolifération des ateliers, où des artisans – parfois sans formation académique – pouvaient donner libre cours à leur interprétation des motifs et des couleurs. La clientèle s’élargit, la noblesse devenant un des grands commanditaires de l’azulejo profane pour la décoration de ses palais. À titre d’exemple, nous pouvons citer le palais des Marquis de Fronteira à Lisbonne, où l’on retrouve mélangées aux thèmes classiques des scènes satiriques, chargées d’ironie et de sottise, connues sous le terme de “Singeries”. Vers les dernières décennies du XVIIème siècle et pendant environ 50 ans, jusqu’en 1715, le Portugal redevient un importateur d’azulejos flamands. Il s’agit d’ensembles monumentaux d’azulejos bleus, en imitant la porcelaine de Chine, conçus par les grands peintres des Pays-Bas.

Ces importations ont provoqué une réaction de la part des ateliers portugais qui ont alors fait appel à des peintres nationaux avec une formation académique, afin de satisfaire ainsi une clientèle devenue plus exigeante. Face à ce nouvel essor de la fabrication des azulejos au Portugal, on assiste à l’abandon des importations, et le peintre d’azulejos récupère son statut d’artiste, en signant ses oeuvres. Le précurseur de cette nouvelle période fut l’espagnol Gabriel Del Barco, resté au Portugal après la guerre de la Restauration. Il introduisit le goût de l’ exubérance décorative et de la peinture libérée de la rigueur du dessin. Cette tendance fut poursuivie par des peintres portugais de grand talent qui ont ainsi donné naissance au “cycle des maîtres”.

Les noms les plus connus parmi ceux-ci furent António Pereira, Manuel dos Santos, Antonio de Oliveira Bernardes et son fils Policarpo de Oliveira Bernardes. Les grandes commandes se poursuivirent pendant le règne de João V

En 1755, un grand tremblement de terre détruit Lisbonne et les environs. Le Marquis de Pombal, premier ministre de José I, est le grand entrepreneur des travaux de reconstruction de la ville. Le genre d’azulejo utilisé récupère les motifs en patron, les plus adaptés à l’urgence de la situation, et reste connu comme l’azulejo “Pombalino”, d’après le nom du ministre. Des exemples de ces azulejos peuvent se trouver partout à Lisbonne et aussi au Musée de l’Azulejo. (première moitié du XVIIIème siècle), notamment avec des commandes en provenance des territoires portugais au Brésil. Jamais avant on n’avait utilisé autant les panneaux narratifs, et cette augmentation de la production a introduit une simplification de la peinture des scènes par contreposition aux moulures qui, elles, ont atteint une importance scènographique sans précédents.

Vous pouvez trouver de nombreuses photos sur les azulejos peint à la main portugais sur internet !!!

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